400 ans de la Marine nationale : des engagements, des missions et des métiers à découvrir

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Journées Jeunesse et territoires au large | Naval Group

Journées Jeunesse et territoires au large

Quel était l’objectif de votre participation à ces Journées ?

Mario Benedetti :  La moitié de nos marins vient de l’intérieur des terres. Le lien que nous entretenons avec l’ensemble du territoire national est donc vital pour nos activités. Pourtant, au-delà de nos ports d’attache, la Marine n’est pas suffisamment connue de nos citoyens ou est parfois vue comme une force qui opère au large, loin de leurs préoccupations. C’est pourquoi nous devons aller à la rencontre des jeunes de toutes nos régions, de leurs parents et des acteurs locaux de l’éducation, aux côtés de nos partenaires industriels, pour leur présenter nos missions et les possibilités de formations et de carrières que nous offrons, ainsi que les compétences qu’une expérience dans la Marine permet d’acquérir.Au quotidien, nous sommes aidés dans cette démarche par nos relais locaux – Centre d’information et de recrutement des forces armées Marine, réservistes, etc. Mais cet anniversaire représente avant tout un moment particulièrement favorable pour nous rapprocher des Français, en particulier des jeunes qui ont soif d’engagement ou sont attirés par des métiers exigeants, et leur faire prendre conscience du rôle essentiel de la Marine dans la défense et la souveraineté de notre pays.

Tanguy de Nomazy : Les Journées Jeunesse et Territoires au large ont créé une dynamique consistant à sortir de nos arsenaux pour toucher l’ensemble des territoires de métropole et d’outre-mer. Notre défense passe à la fois par le lien entre la nation et l’armée et par une meilleure connaissance de son action. Ces journées visaient donc avant tout à créer ou à renforcer ce lien. Au cours des animations proposées, nous avons voulu faire passer les messages suivants : à travers les diverses missions qu’elle exerce, la Marine protège concrètement nos intérêts. De plus, les acteurs qui contribuent à son fonctionnement sont issus de tous les territoires, qu’il s’agisse des marins eux-mêmes, de nos entreprises industrielles, des institutions publiques ou encore des réservistes.

Laurent Fay : Nous nous inscrivons dans la même démarche. Pour Naval Group, ces journées représentaient un intérêt majeur en termes d’image et d’attractivité. À travers les partenariats que nous nouons notamment avec des grandes écoles d’ingénieurs, nous constatons que beaucoup de jeunes éloignés de nos sites d’activités – qui sont tous, à une exception près, implantés sur nos côtes – sont très intéressés par nos métiers mais ne pensent pas à postuler chez nous, faute de nous connaître. C’était le cas des étudiants de l’école des Mines Saint-Étienne, par exemple. Il nous faut donc aller au-devant de ces jeunes pour leur parler de nos métiers, de nos missions et répondre à leur quête de sens en leur donnant envie de venir travailler chez nous !

Quels sont vos enjeux communs en matière d’attractivité ? 

Mario Benedetti : La Marine nationale et Naval Group recrutent, tout en étant eux-mêmes organismes de formation. La Marine recrute dans 80 métiers – notamment dans des domaines très pointus tels que le nucléaire, le numérique et la cybersécurité. En 2026, les besoins de recrutement augmentent de 20 % par rapport au nombre d’incorporations réalisées en 2025, en incluant le nouveau service national – que ce soit dans les filières classiques (matelots, officiers mariniers et officiers) ou dans les filières techniques en apprentissage militaire (via un bac pro, un BTS ou un BUT).
Les formations d’apprenti militaire que nous dispensons à École atomique de Cherbourg, au Centre d’instruction navale de Brest et au Pôle écoles Méditerranée de Saint-Mandrier permettent d’obtenir un diplôme académique puis de travailler sous statut militaire. Le service national, mis en œuvre à compter de septembre 2026, constitue un nouveau mode de recrutement : 600 contrats de ce type sont ouverts cette année. Nous incorporons donc des jeunes avec ou sans formation académique initiale et leur apportons un savoir-faire en lien avec la mer, ce qui permet d’alimenter les métiers techniques en tension, non seulement dans la Marine mais aussi dans l’industrie. En effet, il n’est pas rare qu’après plusieurs années dans la Marine, nos collaborateurs fassent une deuxième carrière au sein de la base industrielle et technologique de défense (BITD), notamment chez Naval Group. Nous sommes donc intimement liés et nos histoires se croisent depuis longtemps. Nous collaborons aussi au sein du Groupement des industries de construction et activités navales (GICAN) et valorisons la filière navale auprès des jeunes Français via un partenariat avec l’Éducation nationale.

Marie-Gabrielle de Bondy : Ces trois dernières années, nous avons recruté 4 500 collaborateurs pour répondre au besoin de main-d’œuvre lié à nos programmes. Pendant longtemps, nous recrutions le plus souvent des personnes ayant une culture maritime, du fait de leurs centres d’intérêt personnels ou de leur origine géographique. Or le marché du travail est en tension dans nos bassins d’emplois traditionnels. Il nous faut donc élargir notre périmètre d’attractivité au-delà du littoral et faire connaître nos produits et nos métiers en vue d’obtenir des retombées en termes de recrutement. 
Nous développons nos partenariats avec des lycées professionnels, IUT et écoles d’ingénieurs. De plus, nous accueillons chaque année 400 stagiaires et 500 alternants, qui constituent un vivier pour notre groupe. Enfin, nous sommes acteurs de l’insertion et de la réinsertion professionnelle à travers les Certificats de qualification paritaire de la métallurgie (CQPM) que nous proposons dans plusieurs métiers en tension.