Journée mondiale de l’océan : quelles solutions pour réduire l’impact de nos produits sur l’environnement marin ?

Environnement

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En quoi consiste votre métier ?

Gaëlle : « En tant que responsable du secteur d’activité environnement et écoconception et responsable du domaine scientifique environnement, sciences des océans et du climat, je suis la garante du métier « environnement » sur tous nos produits pour le groupe. Qu’il s’agisse des bâtiments de surface, des sous-marins ou des drones mais aussi des infrastructures vendues à nos clients (base navale ou quai par exemple), je coordonne le développement de solutions destinées à réduire les impacts de nos produits sur l’environnement. Je mène également des études prospectives sur leur adaptation aux conditions d’environnement à venir. »

À l’occasion de la journée mondiale de l’océan, quelles sont les grandes actions menées par Naval Group pour contribuer à sa protection ?

Gaëlle : « Naval Group développe depuis plusieurs années une démarche de protection de l’environnement marin, en intégrant des exigences environnementales dans la conception de ses navires et dans ses activités industrielles. Notre système de management est d’ailleurs certifié ISO 14001. Le groupe pilote notamment le projet européen SEADETECT, qui vise à prévenir les collisions entre navires et grands cétacés grâce à des systèmes de détection automatisée des mammifères marins. Nous avons par ailleurs fait évoluer nos procédures de mise en œuvre des essais sonars de façon à préserver la faune marine et notamment les grands cétacés. Naval Group travaille également sur la réduction des impacts environnementaux et acoustiques des activités navales, en partenariat avec des acteurs scientifiques et industriels européens. »

Est-ce que l’on peut réellement concilier performances opérationnelles et respect de l’environnement marin ?

Gaëlle : « Oui, souvent ces deux notions vont de pair. Si l’on ne rejette ni déchet solide, ni liquide, si l’on n’émet pas ou peu de fumée, ce qui est d’ailleurs réglementairement défini et normé, nous sommes moins visibles et donc plus furtifs. Si l’on est sobre dans nos consommations de matières ou d’énergie quelle que soit la phase du cycle de vie (en fabrication, en maintenance ou lors de l’exploitation), nous sommes moins dépendants de ces ressources, nous pouvons augmenter les temps de missions opérationnelles sans augmenter les consommations énergétiques et ainsi participer aux enjeux de souveraineté. »

Est-ce important pour les clients de Naval Group de disposer de navires plus respectueux de l’environnement ?

Gaëlle : « Oui, même si les clients ne sont pas tous égaux face à cette logique, tous souhaitent respecter la réglementation civile concernant la pollution en mer dite MARPOL* voire aller au-delà. Pour les autres thématiques, cela est plus du cas par cas. Par exemple, sur le programme SNLE 3G, un dossier de maîtrise des risques environnementaux, qui demande entre autres de cartographier nos matériaux rares et critiques, doit être présenté à notre client, la Direction générale de l'Armement. Ce que nous souhaitons, c’est proposer à nos clients des solutions éco-responsables adaptées. Cela permettra de montrer à nos clients ce que nous savons faire en termes d’environnement et de susciter leur adhésion à nos solutions. »

* La Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) est la principale convention internationale régissant la prévention de la pollution du milieu marin par les navires, qu'elle soit d'origine opérationnelle ou accidentelle. La Convention MARPOL a été adoptée le 2 novembre 1973 par l’Organisation maritime internationale.

Comment les équipes de Naval Group définissent-elles les solutions éco-responsables qui seront installées sur nos produits ?

Gaëlle : « Les solutions éco-responsables peuvent être issues de deux voies différentes : soit de la direction des achats, par la démarche d’achats responsables ; soit de la R&D, par le catalogue de solutions. Qu’elles viennent de l’un ou l’autre de ces canaux, elles sont évaluées par les équipes Lignes de produits qui réalisent une analyse de la valeur prenant en compte coût, retour sur investissement et perception auprès de nos clients, avant d’être proposées sur nos produits dans les instances appelées Comité politique produit (CPP). Chaque ligne de produit a son CPP et les solutions proposées pour les bâtiments de surface, les sous-marins, les infrastructures ou les drones, sont différentes. »

Quels sont les exemples concrets ?

Gaëlle : « Dans le domaine des bâtiments de surface comme des sous-marins, de nombreuses évolutions sont étudiées afin de réduire l’empreinte environnementale des navires. Pour les nouveaux bâtiments de surface, des solutions de réduction des gaz d’échappement sont désormais intégrables, tandis que certaines frégates adoptent des systèmes de propulsion plus sobres permettant de diminuer la consommation énergétique. Des revêtements anti-fouling adaptés aux différentes zones climatiques sont également utilisés afin d’améliorer les performances des coques et de limiter la surconsommation. Les projets prennent par ailleurs davantage en compte les enjeux environnementaux et les effets attendus du changement climatique.

Le taux de compactage des déchets non biodégradables sur les sous-marins BlackSword Barracuda est de l’ordre de 80%.

Côté sous-marins, plusieurs innovations visent à limiter les impacts en mer : amélioration du tri et du traitement des déchets à bord, ce qui est d’ailleurs également le cas sur les bâtiments de surface, remplacement progressif des batteries plomb par des batteries lithium-ion plus performantes et moins polluantes, optimisation avancée de la gestion de l’énergie pour réduire la consommation, diminution des substances toxiques dans les matériaux utilisés ou encore arrêt de certaines technologies générant des rejets gazeux dans l’eau. Enfin, la prise en compte du démantèlement des sous-marins nucléaires d’attaque s’inscrit également dans cette démarche globale de maîtrise de l’impact environnemental sur l’ensemble du cycle de vie des navires. »

Et demain, quels sont les progrès techniques visés pour encore plus de respect des océans ?

Gaëlle : « Il faut que nous nous projetions. C’est mon rôle en tant que responsable de domaine scientifique. L’enjeu est de répondre à cette question : « dans trente ans, à quel environnement nos produits devront-ils faire face ? ». Le responsable de domaine scientifique participe aux défis scientifiques tels que l’amélioration de la tenue aux conditions d'environnement et aux événements extrêmes, l’optimisation des revêtements pour les signatures, la discrétion et la résilience, en particulier pour la partie fouling. Nos actions s’inscrivent dans une vision de long terme et de contribution à une protection durable de l’océan et de la biodiversité. »