Le bassin 8 à Brest : un enjeu de sécurité nationale
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Avec cinq frégates de premier rang, six chasseurs de mines (CMT) et quatre SNLE à soutenir, le site Naval Group de Brest est en première ligne pour permettre à la Marine nationale d’assurer ses missions de protection et de défense des intérêts nationaux partout dans le monde. Sur la base navale, les arrêts techniques se succèdent, sous la maîtrise d’ouvrage du Service de soutien de la flotte (SSF) et la maîtrise d’œuvre de Naval Group. Le MCO des quatre frégates multimissions (FREMM) basées à Brest et, depuis peu, de l’Amiral Ronarc’h, la première frégate de défense et d’intervention (FDI), est un enjeu majeur : la disponibilité de ces navires de premier rang est fondamentale pour garantir la souveraineté de la France, sa crédibilité stratégique et diplomatique et la sécurité nationale. Les collaborateurs brestois sont également amenés à intervenir sous faible préavis dans les ports où les navires font escale, dans le monde entier. Toute l’année, les équipes sont donc mobilisées afin de garantir à la Marine nationale la disponibilité de ses navires, bâtiments de surface comme sous-marins.
Soutenir la Force océanique stratégique
« À Brest, 70 % de notre activité est orientée sur le soutien à la dissuasion nucléaire », indique Renaud Poyet, directeur du site. À l’Île Longue et sur la base navale, l’activité est rythmée par les entretiens courants et les indisponibilités périodiques pour entretien et réparation (IPER) de SNLE. D’une durée moyenne de trente mois, les IPER s’enchaînent : chaque SNLE en connaît une tous les dix ans, jusqu’à son retrait du service actif. Véritables défis techniques, industriels et humains en raison du volume et de la nature des travaux – environ 4 millions d’heures de travail à chaque IPER –, ces arrêts techniques majeurs sont aussi une course contre le chronomètre pour respecter le planning opérationnel de la Force océanique stratégique. Selon les différentes étapes et la nature des travaux, les opérations ont lieu à l’Île Longue ou au bassin 8 de la base navale. Des infrastructures qui doivent conserver un haut niveau de disponibilité, de sécurité et de sûreté pour accueillir les navires conformément au cycle opérationnel prévu. « L’enjeu est énorme car il concerne la dissuasion nucléaire, élément clé de la posture stratégique française sur l’échiquier international et garant de la sécurité de la nation », explique Renaud Poyet.
Assurer la disponibilité des infrastructures
Pas étonnant dans ces conditions que le site de Brest ait acquis une expertise dans les infrastructures navales et qu’il héberge à ce titre une large part de l’activité ingénierie infrastructures du groupe. Également présente à Toulon et à Cherbourg, cette activité joue un rôle clé dans la disponibilité de la flotte en contribuant à la sûreté, la fiabilité et l’optimisation des installations nucléaires et industrielles. Infrastructures portuaires (quais, bassins de carénage), moyens de manutention, systèmes de transfert de charges lourdes, installations de production et de distribution d’énergie et de fluides, installations nucléaires de base secrète (INBS), outillages spécifiques pour le soutien des chaufferies nucléaires : un outil industriel de pointe qu’il faut sans cesse entretenir, adapter aux nouvelles générations de navires et rendre conforme aux exigences de sûreté et de sécurité, le tout sous la maîtrise d’ouvrage du Service d’infrastructure de la Défense (SID) Atlantique.
À Brest, Naval Group a notamment dans son périmètre les études d’ingénierie infrastructures, l’entretien et la modernisation du bassin 8. Entre deux IPER, les équipes réalisent la maintenance préventive et corrective, la modernisation et le suivi de conformité de toutes les installations. « Notre mission est de rendre l’outil industriel disponible à temps pour accueillir le prochain SNLE. Aucun grain de sable ne doit se glisser dans les rouages du cycle d’entretien car il n’y a aucun écart de calendrier possible », souligne Renaud Poyet. Entre la sortie du bassin 8 du SNLE Le Vigilant en juillet 2025 et l’entrée du prochain SNLE courant 2027, ce sont environ dix-huit mois durant lesquels Naval Group et le SID travaillent main dans la main avec l’objectif commun de rendre le bassin et ses installations aptes à accueillir l’objet industriel le plus complexe au monde.
Brest en chiffres
3300 collaborateurs
125 000
m2 occupés sur la base navale
300 métiers exercés